Théâtre Blanc | Pelléas et Mélisande, création 2015-2016
De Maurice Maeterlinck. Mise en scène Chritsian Lapointe. Une production du Théâtre du Nouveau monde, en coproduction avec le Théâtre Blanc
Production 2015, Théâtre du Nouveau Monde, Théâtre Blanc, Christian Lapointe, Maurice Maeterlinck, Théâtre symboliste, Lorraine Pintal, Sylvio Arriola, Marc Béland, Lise Castonguay, Sophie Desmarais, Éric Robidoux, Paul Savoie, Gabriel Szabo, Lionel Arnould, Nicolas Basque,Elen Ewing, Geneviève Lizotte, Claire Renaud, Martin Sirois, Alexandra Sutto
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12 janvier au 6 février 2016

Montréal

Texte MAURICE MAETERLINCK

Mise en scène CHRISTIAN LAPOINTE

Production Théâtre du Nouveau Mondeen coproduction avec le Théâtre Blanc

L’œuvre

Pelléas et Mélisande est une histoire d’amour et de jalousie. Golaud, Prince d’un royaume mortifère, trouve dans la forêt la jeune Mélisande en pleurs et envoûtante. Les questions que Golaud lui pose sur son origine et son passé restent sans réponse. Il l’emmène avec lui au château et l’épouse. Mélisande et Pelléas, demi-frère de Golaud, tombent amoureux, et s’engagent dans une passion où tout n’est que non-dits. Leur seule étreinte est réprimée dans le sang par Golaud, dévoré de jalousie.

De ce chef-d’œuvre du théâtre symboliste se dégage une magie insidieuse. Maeterlinck nous ouvre les portes d’un monde concret et historique, où plusieurs scènes relèvent pourtant du fantastique.

Christian Lapointe, reconnu pour son travail sur des œuvres d’auteurs de la fin du 19e siècle (William Butler Yeats, Villiers de L’Isle-Adam), nous renvoie avec cette création à la mystique de l’art, au rituel de l’art théâtral comme objet de spiritualité laïque. L’espace délimité de la scène, sur lequel on a le droit de tout faire, a une valeur inestimable, à une époque où la foi est une marchandise de guerre.

Le jeu du temps

Maeterlinck a gratté l’écriture jusqu’au bois, il a enlevé tout ce qu’il pouvait pour ne garder que l’essentiel, chaque mot est pesé, il est arrivé à l’essence du langage.

La question que pose la pièce n’est donc pas tant le quoi raconter que le comment. C’est par la mise en jeu, par le comment, que se crée le mouvement.

La mise en scène repose sur un double jeu, permettant de faire avancer l’écriture du plateau en résonance avec la trame narrative. Le texte est truffé d’éléments où l’auteur parle de ce qui se passe dans la salle, de cette friction entre le temps de la présentation et celui de la représentation.

Dans la pièce elle-même, le temps est à la fois dilaté et compressé. Chez Maeterlinck, c’est un jeu. L’action se passe sur plusieurs temps mais, en regardant la courbe du soleil évoquée dans la pièce, elle dure 24 heures. Maeterlinck est un symboliste dans le sens le plus pur du terme. Il y a chez lui un monde de codes mystiques qui agissent sur notre inconscient, un réseau de symboles cachés, comme des sortilèges. La gestion du temps concourt à cela, elle fait le lien et provoque la relation avec la mort. Le jeu de Maeterlinck sur le temps, ce temps incertain, concourt à l’étrangeté, à ce qui inquiète.

Le jeu de l’espace

Plutôt que de proposer une transposition historique, la mise en scène invite le spectateur à un jeu avec la notion de frottement temporel, le temps de la représentation et celui de la fiction. Pour témoigner de la passion de l’auteur pour l’infiniment petit, la scénographie et le travail avec la vidéo sont construits sur des variations d’échelle et mettent à nu la fabrique du théâtre, en créant un décalage entre la mise en forme d’un résultat et le résultat lui-même. 

[Sur la base des propos de Christian Lapointe recueillis par Michelle Chanonat]

Distribution 

Sylvio Arriola, Marc Béland, Lise Castonguay, Sophie Desmarais, Éric Robidoux, Paul Savoie, Gabriel Szabo

Conception 

Lionel Arnould, Nicolas Basque,Elen Ewing, Geneviève Lizotte, Claire Renaud, Andréane Roy, Martin Sirois, Alexandra Sutto

          

Je suis très vieux et cependant je n'ai pas encore vu clair, un instant, en moi-même; comment voulez-vous que je juge ce que d'autres ont fait?
Je ne suis pas loin du tombeau et je ne parviens pas à me juger mi-même... On se trompe toujours lorsqu'on ne ferme pas les yeux pour pardonner ou pour mieux regarder en soi-même.

(Maurice Maeterlinck)