Je suis venu à la scénographie par les arts visuels, par la sculpture principalement. C’est sans doute pour cela que je crois que la scénographie d’un spectacle doit exprimer visuellement, plutôt qu’illustrer, et placer dans l’espace, plutôt que disposer à plat, le cadre du déroulement de l’action.
Aussi, une scénographie qui conjugue l’épuration maximale et l’émotion met le spectateur au coeur de l’action. Il n’est pas nécessaire d’illustrer réalistement les lieux : la situation dramatique est mieux servie par une mise en espace qui touche les spectateurs fortement, en exprimant les lieux plutôt qu’en les représentant. C’est ainsi que, pour ma part, cette approche résulte souvent en décors peu chargés, aux lignes simples. Je me sens une parenté avec le design.
Par ailleurs, quand cela est pertinent, il me semble important de placer les spectateurs dans le décor ou le décor parmi les spectateurs, afin que
ceux-ci soient près des acteurs et que le regard de ces derniers les traverse à tout moment.
Depuis que je suis devenu directeur artistique du Théâtre Blanc, en 2003, j’ai été amené à porter ma réflexion sur un autre pallier. Bien que j’aie continué, et continuerai, de répondre aux invitations de metteurs en scène et de directeurs artistiques, je suis désormais, aussi, celui qui invite; et j’ai la responsabilité de développer la dramaturgie propre au Blanc. |
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Linda LAPLANTE et Gill CHAMPAGNE
Les Guerriers, de Philippe MINYANA (1998)
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